Catena Aurea 9115

vv. 15-17

9115 Lc 1,15-17

S. Amb. Après avoir annoncé que la naissance de Jean serait pour plusieurs un sujet de joie, l'ange prédit la grandeur de sa vertu: «Il sera grand devant le Seigneur», etc. Il n'est point ici question de la grandeur du corps, mais de la grandeur de l'âme. Or, devant Dieu, la grandeur de l'âme n'est autre que la grandeur de la vertu. - Théophyl. Il en est beaucoup à qui l'on donne le nom de grands, mais c'est devant les hommes, et non pas devant Dieu, tels sont les hypocrites. Les parents de Jean, au témoignage de l'Évangéliste, étaient eux-mêmes justes devant Dieu. - S. Ambr. Jean n'a point reculé les frontières d'un empire, il n'a point moissonné de lauriers à la suite d'une glorieuse victoire; mais il a fait plus, il a prêché dans le désert, il a foulé aux pieds les délices du monde, et la mollesse des plaisirs des sens par l'étonnante austérité de sa vie. «Il ne boira, dit l'ange, ni vin, ni aucune liqueur enivrante. - Bède. Le mot cervoise signifie ivresse, et les Hébreux s'en servent pour désigner toute boisson qui peut enivrer, qu'elle soit extraite de pommes, de grains ou d'une autre matière. Or, la loi (Nb 6, 5) prescrivait aux Nazaréens de s'abstenir de vin et de toute liqueur enivrante pendant tout le temps de leur consécration; c'est pourquoi Jean et d'autres, favorisés d'une semblable grâce, se sont interdit pour toujours ces boissons, afin de demeurer toujours nazaréens, c'est-à-dire saints. Il n'est pas convenable, en effet, de s'enivrer de vin, quand on désire être rempli de l'effusion de l'Esprit saint. Aussi celui qui renonce à cette ivresse, mérite que la grâce du Saint-Esprit se répande en abondance dans son âme, «Il sera rempli de l'Esprit saint», ajoute l'Évangéliste. - S. Ambr. Celui qui reçoit ainsi l'abondance de l'Esprit saint, reçoit en même temps la plénitude des plus éminentes vertus. Voyez, en effet, saint Jean-Baptiste; avant de naître, étant encore dans le sein de sa mère, il fait connaître la grâce qu'il a reçue, lorsqu'en tressaillant dans le sein qui le renferme, il annonce l'avènement et la présence du Seigneur. Cette vie de la nature est toute différente de la vie de la grâce, la première commence à notre naissance pour finir à notre mort; la vie de la grâce, au contraire, n'est point limitée par les années, elle ne s'éteint point à la mort, elle n'est pas exclue du sein qui nous porte.

Grec. Mais quelles seront les oeuvres que Jean-Baptiste accomplira sous la conduite de l'Esprit saint, les voici: Il convertira plusieurs des enfants d'Israël au Seigneur leur Dieu. - Orig. (hom. 4). Jean devait en convertir un grand nombre, la mission du Seigneur était de les convertir tous à Dieu son Père. - Bède. En disant de Jean-Baptiste qu'il a converti un grand nombre des enfants d'Israël au Seigneur leur Dieu, alors qu'en rendant témoignage à Jésus-Christ, il baptisait les peuples qui croyaient en lui, l'Évangéliste prouve par là même que le Christ était le Dieu d'Israël. Que les ariens cessent donc de nier que Jésus-Christ soit le Seigneur Dieu, que les photiniens rougissent de ne faire remonter son origine qu'au sein de la Vierge Marie, que les manichéens ne viennent plus dire que le Dieu d'Israël est différent du Dieu des chrétiens. - S. Amb. Nous n'avons d'ailleurs nul besoin qu'on nous prouve que saint Jean a converti les coeurs en grand nombre, alors que les écrits des prophètes et le saint Évangile nous l'attestent. La voix de celui qui crie dans le désert: «Préparez la voie du Seigneur, rendez droits ses sentiers», ce baptême que le peuple venait recevoir en foule, ne sont-ils pas une preuve des conversions qu'il opérait dans la multitude? Car ce n'était pas lui-même, mais le Seigneur qui était l'objet des prédications de ce précurseur du Christ. C'est pourquoi l'Évangéliste ajoute: «Et il marchera devant lui», etc. Il a marché, en effet, devant lui, puisqu'il a été son précurseur dans sa naissance comme dans sa mort, et ces autres paroles: «Dans l'esprit et la vertu d'Élie», ne sont pas moins justes. - Orig. Il ne dit pas: Avec l'âme d'Élie, mais: «Dans l'esprit et la vertu d'Élie»; car l'esprit qui avait animé Élie vint remplir Jean-Baptiste, aussi bien que sa vertu. - S. Amb. L'esprit, en effet, est inséparable de la vertu, comme la vertu de l'esprit, voilà pourquoi l'ange joint l'esprit à la vertu. Car le saint prophète Élie eut à la fois une grande vertu et une grâce surabondante, une grande vertu pour ramener à la foi le coeur des peuples infidèles, la vertu de pénitence, la vertu de patience, et l'esprit de prophétie. Ces deux grands hommes eurent d'autres traits d'analogie, Élie habitait le désert, Jean y passa toute sa vie. Élie ne rechercha jamais les bonnes grâces d'Achab, Jean dédaigna la faveur d'Hérode; l'un divisa les eaux du Jourdain, l'autre en fit un bain salutaire; Jean fut le précurseur du premier avènement du Seigneur, Élie doit l'être du second.

Bède. Ce que le prophète Malachie a prédit d'Elie, l'ange l'applique à Jean-Baptiste, lorsqu'il ajoute: «Pour réunir les coeurs des pères avec leurs enfants», en leur communiquant par ses prédications la science spirituelle de leurs saints ancêtres; «et rappeler les incrédules à la prudence des justes», prudence qui n'a point la prétention de trouver la justification dans les oeuvres de la loi, mais qui ne la cherche que dans la foi. - Grec. Ou bien encore, les Juifs étaient parents de Jean et des Apôtres, et cependant par orgueil autant que par incrédulité, ils se déchaînaient contre l'Évangile. Que fit alors Jean-Baptiste, et après lui les Apôtres? comme des enfants pleins de douceur, ils découvraient la vérité à leurs pères, et cherchaient ainsi à les rendre participants de leur propre justice et de leur prudence. C'est ainsi qu'Elie doit convertir les restes des Hébreux à la vérité prêchée par les Apôtres. - Bède. L'ange avait dit précédemment que la prière de Zacharie pour le peuple avait été exaucée, il ajoute: «Pour préparer au Seigneur un peuple parfait», et nous apprend ainsi comment ce même peuple sera sauvé et rendu parfait, c'est-à-dire par la pénitence et par la foi en Jésus-Christ, que doit prêcher Jean-Baptiste. - Théophyl. Ou encore: Jean a préparé un peuple qui n'était pas incrédule, mais parfait, c'est-à-dire prêt à recevoir le Christ. - Orig. (Hom. 4). Le mystère, figuré par la prédication de Jean-Baptiste, s'accomplit encore dans le monde; car pour que nous puissions croire en Jésus-Christ, il faut que l'esprit et la vertu de Jean vienne dans notre âme pour préparer au Seigneur un peuple parfait.


vv. 18-22

9118 Lc 1,18-22

S. Chrys. (sur l'incompréh. nat. de Dieu). Zacharie, ne considérant que son âge et la stérilité de sa femme, se laisse aller au doute: «Et Zacharie dit à l'ange: À quoi pourrai-je connaître la vérité de ce que vous m'annoncez ?» en d'autres termes: Comment cela se fera-t-il? et il donne les raisons qu'il a de douter: «Car je suis vieux», etc. L'âge est contraire, la nature impuissante, je suis sans force pour engendrer, et de son côté, la terre est stérile. Ces raisons ne suffisent pas au jugement de quelques-uns, pour excuser le prêtre Zacharie d'avoir fait toutes ces questions; car quand Dieu parle, on doit recevoir sa parole avec foi; vouloir la discuter, c'est faire preuve d'un esprit opiniâtre. Aussi voyez la suite: «Et l'ange lui répondit: Je suis Gabriel qui suis toujours présent devant Dieu». - Bède. Comme s'il disait: Si un homme vous annonçait un semblable prodige, vous auriez droit de lui demander une preuve, un signe de la vérité de ses paroles; mais quand c'est un ange qui promet, le doute n'est plus permis: «Et j'ai été envoyé p our vous parler», etc.

S. Chrys. Dès lors donc que vous savez que je suis envoyé de Dieu, ne voyez plus rien de naturel dans ce que je vous dis; car je ne parle point de moi-même, je ne fais que vous transmettre les volontés de celui qui m'a envoyé. En effet, la vertu, le mérite d'un envoyé, c'est de ne rien dire de sa propre autorité. - Bède. Remarquez ici qu'au témoignage de l'ange, il est tout à la fois devant Dieu et envoyé pour annoncer à Zacharie la naissance de son fils. - S. Grég. (hom. 34 sur les Evang). En effet, lorsque les anges viennent nous trouver, ils remplissent extérieurement leur ministère sans interrompre intérieurement l'exercice de la contemplation; car si leur esprit est limité, l'Esprit souverain qui est Dieu, n'a point de bornes. Ainsi les anges sont toujours devant lui, même quand ils sont en mission, puisque c'est dans l'immensité de Dieu qu'ils accomplissent leur message»

Bède. L'ange donne ensuite le signe qui lui a été demandé. Zacharie n'a fait usage de la parole que pour exprimer son incrédulité, le silence lui enseignera la foi: «Et voici que vous allez devenir muet», etc. - S. Chrys. Les liens qui le rendaient impuissant, sont transportés à l'organe de la voix; te sacerdoce dont il est revêtu n'est point une raison pour qu'il soit épargné, au contraire, la punition sera plus grande, parce qu'il devait donner aux autres l'exemple d'une foi plus vive. - Théophyl. Le mot grec ùöïae signifie e galement sourd, on peut donc donner ce sens aux paroles de l'ange: Puisque vous ne croyez point, vous deviendrez sourd, et vous ne pourrez plus parler. Juste châtiment de sa double faute, la désobéissance est punie par la surdité, et la contradiction par la mutité. - S. Chrys. L'ange dit: Et voici, c'est-à-dire à l'instant même. Considérez toutefois la miséricorde de Dieu dans ce qui suit: «Jusqu'au jour où ces choses arriveront»; comme s'il lui disait: Lorsque l'accomplissement de ma prédiction en aura démontré la vérité, et que tu auras reconnu la justice de ton châtiment, alors tu en seras délivré, Il lui en fait aussi connaître clairement la cause: Parce que vous n'avez pas cru à mes paroles, qui s'accompliront en leur temps»; méconnaissant ainsi la puissance de celui qui m'a envoyé, et devant lequel je suis toujours présent. Or, si tel fut le châtiment de Zacharie pour avoir refusé de croire à un enfantement naturel, comment ceux qui blasphèment la naissance ineffable pourront-ils échapper à la vengeance divine ?

Grec. (ou Antipat. de Bostr., Chaîne des Pères grecs). Tandis que ces choses se passaient dans l'intérieur du temple, la multitude qui attendait au dehors était surprise de ce que Zacharie tardait à revenir: «Cependant le peuple attendait Zacharie, et s'étonnait de ce qu'il demeurait si longtemps dans le temple». Chacun se livrait à ses conjectures et donnait ses suppositions; Zacharie étant enfin sorti, leur apprit, par son silence forcé, ce qui lui était arrivé dans l'intérieur du temple. «Et étant sorti, il ne pouvait leur parler. - Théophyl. Zacharie faisait des signes au peuple qui lui demandait probablement pourquoi il était devenu muet: «Et il leur faisait des signes et il demeura muet». - S. Ambr. Un signe est un mouvement du corps qui n'est point accompagné des paroles, et qui cherche à faire connaître la volonté, sans pouvoir l'exprimer complètement.


vv. 23-25

9123 Lc 1,23-25

Bède. Tant que duraient leurs fonctions, les prêtres, tout entiers aux offices de leur ministère, s'abstenaient de tout rapport avec leurs épouses, et s'interdisaient même l'entrée de leurs maisons. C'est pourquoi l'Évangéliste ajoute: «Quand les jours de son ministère furent accomplis», etc. Les prêtres qui se succédaient alors, devaient être de la race d'Aaron, c'était donc un devoir aussi légitime que nécessaire de se donner une postérité» Maintenant, au contraire, ce ne sont plus les lois d'une succession charnelle, mais une perfection toute spirituelle qui donne droit au sacerdoce, aussi les prêtres sont-ils obligés d'observer une continence perpétuelle, pour être dignes d'offrir le sacrifice de l'autel. «Après ces jours-là», etc., c'est-à-dire après les jours où Zacharie avait rempli les devoirs de son ministère. Ceci se passait au mois de septembre, le huit des calendes d'octobre, alors que les Juifs célébraient le jeûne de la fête des Tabernacles, à l'approche de l'équinoxe, où la nuit commence à être plus longue que le jour; en effet, le Christ devait croître et Jean di minuer. Et ce n'est pas sans raison que ces jours étaient des jours de jeûne; car Jean-Baptiste devait prêcher aux hommes les austérités de la pénitence.

«Et elle se tenait cachée», etc. - S. Ambr. Pourquoi se tenait-elle cachée, si ce n'est par un sentiment de pudeur? Il est en effet pour les époux un temps déterminé par la nature, où c'est chose louable de chercher à avoir des enfants; lorsqu'on est dans la vigueur de l'âge, et qu'on peut espérer d'en obtenir. Mais lorsqu'on atteint les limites d'une vieillesse presque épuisée et qu'on arrive à cet âge, où l'on est plus propre à élever des enfants qu'à les engendrer, il y a une espèce de honte pour une femme de porter les signes d'une fécondité bien que légitime, d'être chargée d'un fardeau qui convient à un autre âge, et d'une grossesse qui n'est plus de saison. Elle avait donc de la honte à cause de son âge; nous pouvons comprendre par là qu'Elisabeth et Zacharie n'avaient plus ensemble les rapports qu'ont entre eux les époux; car si elle n'avait pas eu de honte de remplir les devoirs du mariage jusque dans sa vieillesse, elle n'en aurait pas eu davantage de devenir mère. Cependant laissons-la rougir du poids de la maternité tant qu'elle ignore ce qu'elle a de mystérieux. Bientôt, celle qui se dérobait aux regards, parce qu'elle était devenue mère, commence à se glorifier, parce qu'elle porte un prophète dans son sein. - Orig. (Chaîne des Pères grecs). Aussi l'Évangéliste ajoute: «Elle se cachait pendant cinq mois», c'est-à-dire jusqu'au temps où Marie elle-même conçut son divin fils, et que l'enfant d'Elisabeth, tressaillant de joie dans son sein, commença de remplir les fonctions de prophète. - S. Amb. Elle rougissait d'être mère à son âge, mais en même temps elle se réjouissait d'être délivrée de l'opprobre de la stérilité. «C'est là, disait-elle, la grâce que le Seigneur m'a faite», etc. - S. Chrys. (ou Orig). C'est-à-dire il a fait cesser ma stérilité, en m'accordant un don qui dépasse les forces de la nature, et une pierre inféconde a produit des épis verdoyants, il m'a délivré de l'opprobre de la stérilité en me rendant mère, «dans les jours où il m'a regardée pour effacer mon opprobre d'entre les hommes». -
S. Amb. Car c'est une espèce de honte pour les femmes d'être privées du fruit de l'union des époux, puisqu'elles n'ont point d'autre raison de se marier. S. Chrys. C'est donc pour Elisabeth une double joie d'être affranchie de l'opprobre de la stérilité, et de mettre au monde un enfant illustre; car ce n'est pas ici comme pour les autres, l'union des époux seule, mais la grâce divine qui a été le principe de cette naissance.

Bède. Dans un sens mystique, on peut dire que Zacharie représente le sacerdoce judaïque, et Elisabeth la loi, qui développée par les explications des prêtres devait engendrer à Dieu des enfants spirituels, mais qui restait impuissante et stérile, «parce que la loi n'a conduit personne à la perfection».Tous deux étaient avancés en âge, parce qu'à la venue au Christ les hommes étaient pour ainsi dire courbés sous le poids des ans. Zacharie entre dans le temple, parce que c'est aux prêtres qu'il appartient de pénétrer dans le sanctuaire des mystères célestes. La multitude se tenait au dehors parce qu'elle ne peut pénétrer le secret des choses spirituelles. Tandis que Zacharie place l'encens sur l'autel, la naissance de Jean-Baptiste lui est révélée; c'est en effet lorsque les docteurs sont embrasés du feu divin que renferment les saintes lettres qu'ils découvrent la grâce de Dieu qui se répand par Jésus-Christ; c'est par un ange que ses mystères sont révélés, parce que «la loi a été donnée par le ministère des anges». - S. Ambr. Le peuple tout entier devient comme muet dans la personne d'un seul, parce qu'il parlait à Dieu par l'intermédiaire d'un seul; la parole de Dieu a passé aussi jusqu'à nous, et elle n'est point muette au milieu de nous: celui-là est muet qui ne comprend pas la loi. Pourquoi, en effet, celui qui ne peut émettre aucun son articulé vous paraîtrait-il plus muet que celui qui n'a aucune connaissance des saints mystères? Le peuple juif ressemble à un homme qui fait des signes, lui qui ne peut rendre raison de ce qu'il fait. - Bède. Et cependant Elisabeth conçoit Jean-Baptiste, parce que les secrètes profondeurs de la loi sont pleines des mystères de Jésus-Christ. Elle cache cette conception pendant cinq mois, parce que Moïse a renfermé dans ses cinq livres les mystères du Christ, ou parce que toute l'économie de la rédemption de Jésus-Christ a été figurée dans les cinq âges du monde par les paroles et les actions des saints.


vv. 26-27

9126 Lc 1,26-27

Bède. Comme l'incarnation du Christ devait avoir lieu dans le sixième âge du monde, ou bien devait être l'accomplissement de la loi, c'est avec raison que le sixième mois de la conception de Jean-Baptiste, un ange est envoyé à Marie pour lui annoncer la naissance du Sauveur du monde: «Au sixième mois», etc., dit l'Évangéliste. Par ce sixième mois, il faut entendre le mois de mars, et c'est le vingt-cinq de ce mois que, selon la tradition, Notre-Seigneur a été conçu et a souffert sa passion, comme aussi c'est le vingt-cinq du mois de décembre qu'il est né. Si nous admettons avec quelques auteurs que l'équinoxe du printemps a lieu le vingt-cinq mars, et le solstice d'hiver le vingt-cinq décembre, nous pouvons dire qu'il était convenable que l'accroissement du jour coïncidât avec la conception et la naissance de celui qui éclaire tout homme venant en ce monde. Si l'on prétend au contraire que même avant l'époque de la naissance et de la conception du Sauveur les jours commencent à croître, ou qu'ils sont plus longs que les nuits, nous dirons alors que Jean-Baptiste précédait l'avènement du Seigneur, et qu'il évangélisait déjà le royaume des cieux.

S. Bas. (sur Isaïe). Les esprits célestes ne viennent pas à nous de leur propre mouvement, c'est Dieu qui les envoie lorsque notre utilité l'exige; car leur occupation est de contempler l'éclat de la divine sagesse. «L'ange Gabriel fut envoyé», etc. - S. Grég » (hom. 34 sur les Evang). Ce n'est point un ange quelconque, mais l'archange Gabriel qui est envoyé à la Vierge Marie. Il n'appartenait, en effet, qu'au plus grand des anges de venir annoncer le plus grand des événements. L'Écriture lui donne un nom spécial et significatif, il se nomme Gabriel, qui veut dire force de Dieu. C'était donc à la force de Dieu qu'il était réservé d'annoncer la naissance du Dieu des armées, du fort dans les combats qui venait triompher des puissances de l'air. - La Glose. L'Évangéliste désigne également le lieu où il est envoyé. «Dans la ville de Nazareth»; car c'est le Nazaréen, c'est-à-dire le Saint des Saints, dont la naissance est annoncée. - Béde. Dieu commence admirablement l'oeuvre de notre réparation, en envoyant un ange à une vierge qu'un enfantement divin devait consacrer, parce que le démon aussi avait commencé l'oeuvre de notre perte en envoyant le serpent à la femme peur la séduire par l'esprit d'orgueil. «Il fut envoyé à une vierge». - S. Aug. (de la sainte Vierg., chap. 15). La virginité seule était digne d'enfanter celui qui, dans sa naissance, n'a pu avoir d'égal. Notre chef, par un miracle éclatant, devait naître d'une vierge selon la chair, et figurer ainsi que l'Église vierge donnerait à ses membres une naissance toute spirituelle. - S. Jér. (serm. sur l'assomp).. C'est avec raison qu'un ange est envoyé à une vierge; car la virginité a toujours été unie par des liens étroits avec les anges. En effet, vivre dans la chair, sans obéir aux inspirations de la chair, ce n'est pas la vie de la terre, c'est la vie du ciel.

S. Chrys. (sur S. Matth., hom. 4). L'ange n'attend pas que l'enfantement ait eu lieu pour en faire connaître le mystère à la Vierge, cet événement l'eût jetée dans le plus grand trouble. C'est avant la conception qu'il accomplit son message, et ce n'est point en songe, mais dans une apparition visible et solennelle, telle que l'exigeait avant l'accomplissement, l'importance de l'évènement qu'il venait lui annoncer.

S. Amb. L'Écriture établit clairement ces deux choses, qu'elle était épouse et vierge. «Elle était mariée», etc. Vierge, ce qui la sépare de tout commerce avec un homme; épouse, pour que sa virginité fût à l'abri de tout déshonneur, alors que sa grossesse aurait été pour tous un indice de corruption. Le Seigneur aima mieux en voir quelques-uns douter de sa naissance immaculée, que de la pureté de sa mère. Il savait combien l'honneur d'une vierge est délicat, combien sa réputation fragile, et il ne voulut pas que la foi à sa naissance miraculeuse s'élevât sur le déshonneur de sa mère. La virginité de Marie a donc été inviolable, dans l'opinion des hommes, comme elle l'était en elle-même. Il ne fallait pas laisser pour excuse aux vierges, dont la réputation est malheureusement douteuse, que la mère du Sauveur elle-même n'avait pas été à l'abri du soupçon et du déshonneur. Que pourrait-on reprocher aux Juifs aussi bien qu'à Hérode, s'ils n'avaient persécuté que le fruit de l'adultère? Comment Jésus lui-même aurait-il pu dire: «Je ne suis point venu détruire la loi, mais l'accomplir, s'il eût commencé par une violation de la loi, la loi condamnant l'enfantement de toute personne non mariée. Rien, d'ailleurs, ne donne plus de créance aux paroles de Marie que ce mariage, et n'éloigne davantage tout soupçon de mensonge. Qu'elle fût devenue mère sans être mariée, elle eût paru vouloir couvrir sa faute sous le voile du mensonge; étant mariée, au contraire, elle n'avait aucune raison de mentir, puisque la fécondité des épouses est tout à la fois la récompense et le privilège du mariage. Une raison non moins importante, c'est que la virginité de Marie mettait en défaut le prince du monde; en la voyant engagée dans les liens du mariage, il ne pouvait avoir aucun soupçon de son enfantement virginal. - Orig. (hom. 6). Supposez-la, au contraire, non mariée, aussitôt cette pensée secrète fût venue au démon: Comment celle qui n'a point d'époux, est-elle devenue mère? Cette conception doit être divine, il y a ici quelque chose de supérieur à la nature humaine. - S. Amb. Mais ce mariage déjoua bien plus encore toutes les pensées des princes de la terre; car la malice des démons pénètre facilement dans le secret des choses cachées; mais ceux qui sont plongés dans les préoccupations du monde sont incapables de comprendre les choses divines. Disons encore que nous avons ainsi un témoin plus fidèle et plus sûr de la virginité de Marie dans la personne de son époux, qui pouvait, et se plaindre de l'outrage qui lui était fait, et en poursuivre le châtiment, s'il n'eût connu le mystère de cet enfantement. «Il s'appelait Joseph, dit l'Évangéliste, et il était de la maison de David». - Bède. Ces paroles sont vraies à la fois et de Joseph, et de Marie; car aux termes de la loi, chacun devait prendre femme dans sa tribu, ou dans sa famille. «Et cette vierge s'appelait Marie». Marie, en hébreu, signifie étoile de la mer, et en syriaque, maîtresse, noms qui conviennent parfaitement à Marie qui a enfanté le Maître du monde, et la lumière éternelle des siècles.


vv. 28-29

9128 Lc 1,28-29

S. Amb. Reconnaissez la Vierge à ses moeurs. Elle est seule dans l'intérieur de sa demeure, loin de tous les regards des hommes, un ange seul peut arriver jusqu'à elle: «L'ange étant entré où elle était», etc. Il ne faut point qu'elle soit déshonorée par une conversation indigne d'elle, c'est un ange qui est chargé de la saluer. - S. Grég. de Nysse. (disc. sur la Nativ). Le discours qu'il lui adresse est opposé à celui que la première femme entendit autrefois. Pour Eve l'enfantement dans la douleur fut la juste punition de son péché; pour Marie, la tristesse fait place à la joie, et l'ange lui annonce le sujet d'une joie bien légitime, en lui disant: «Je vous salue». Il ajoute: «Pleine de grâce», et il proclame ainsi qu'elle est digne de l'union qu'il vient lui annoncer. Car cette plénitude de grâce est comme la dot destinée à son époux; en effet, les paroles de l'ange conviennent tour à tour, les unes à l'épouse, les autres à l'époux. - S. Jér. (serm. sur l'Assomp). Oui elle est pleine de grâce, car la grâce n'est donnée aux autres créatures que partiellement et avec mesure; Marie l'a reçue toute entière et dans sa plénitude. Oui, elle est vraiment pleine de grâce, elle par qui toute créature a été inondée des eaux abondantes de l'Esprit saint. Celui qui avait envoyé son ange à cette divine Vierge était déjà avec elle, le Seigneur avait précédé son ambassadeur; et le Dieu qui remplit tout de son immensité, ne pouvait être retenu par la distance des lieux: «Le Seigneur est avec vous». - S. Aug. (serm. 14 sur la Nativ. du Seig). Il est avec vous plus qu'il n'est avec moi; car il est lui-même dans votre coeur, il s'incarne dans vos entrailles, il remplit votre âme, il remplit votre sein. - Grec. (ou Géom., Chaîne des Pères grecs). C'est là le complément de l'ambassade céleste, le Verbe de Dieu contracte comme un époux une union incompréhensible à la raison; engendrant tout à la fois et engendré, il s'associe intimement toute la nature humaine. Les dernières paroles de l'ange sont le couronnement et l'abrégé de tout ce qui précède: «Vous êtes bénie entre les femmes», c'est-à-dire seule entre toutes les femmes; par là même toutes les femmes seront bénies en vous, comme tous les hommes en votre Fils, ou plutôt les uns et les autres seront bénis en vous deux. En effet, c'est par une femme et un homme que le péché et la douleur sont entrés dans le monde; c'est aussi par une femme et par un homme que la bénédiction, que la joie sont appelées et répandues sur toute créature.

S. Amb. Reconnaissez encore la Vierge à sa pudeur; elle fut alarmée: «Ayant entendu ces paroles, elle en fut troublée». C'est le propre des vierges d'être accessible à la crainte, de trembler à l'approche d'un homme, de redouter tout entretien avec lui. Apprenez de là, ô vierges, à éviter toute licence dans vos paroles, puisque Marie redoute la salutation d'un ange. - Grec. (ou Géom). Comme ces visions du ciel lui étaient familières, ce n'est point à la vision elle-même, mais aux paroles de l'ange que l'Évangéliste attribue son trouble: «Ayant entendu ces paroles, elle en fut troublée». Remarquez encore tout à la fois la pudeur et la prudence de cette divine Vierge, les sentiments de son âme, les paroles qui sortent de sa bouche. Elle entend parler de joie, de bonheur, elle examine ce qu'on lui dit, elle ne résiste pas ouvertement par incrédulité, elle ne croit pas aussitôt à la légère, elle évite à la fois la légèreté d'Eve, et l'obstination de Zacharie: «Et elle se demandait ce que pouvait être cette salutation». Car elle ignorait encore la grandeur du mystère qui allait s'acc omplir en elle. Cette salutation est-elle inspirée par la passion, comme serait celle d'un homme à une vierge? Ou bien est-elle divine, puisqu'on fait intervenir le nom même de Dieu: «Le Seigneur est avec vous». - S. Amb. Elle s'étonne aussi de cette nouvelle formule de bénédiction inusitée jusque-là; car elle était réservée à Marie seule. - Orig. (hom. 6). Si par la connaissance qu'elle avait de la loi, elle eût su qu'un autre avant elle eût été l'objet d'un semblable discours, elle n'en eût point été effrayée, comme d'une chose extraordinaire.


vv. 30-33

9130 Lc 1,30-33

Bède. L'ange, voyant la Vierge troublée par cette salutation étrange pour elle, l'appelle par son nom, comme s'il la connaissait plus familièrement, et l'engage à déposer tout sentiment de crainte. «Et l'ange lui dit: Ne craignez pas, Marie», etc. - Grec. (Photius, Chaîne des Pères grecs). Comme s'il disait: Je ne suis point venu pour vous tromper, mais pour apporter le pardon de l'ancienne déception, je ne viens point non plus porter atteinte à votre inviolable virginité, mais préparer en vous une demeure à l'auteur, au gardien de toute pureté; je ne suis pas l'envoyé du serpent, mais l'ambassadeur de celui qui détruit son empire, je viens non vous tendre un piége, mais traiter de l'union mystérieuse que Dieu veut contracter avec vous. Il ne veut pas la laisser en proie à des pensées inquiétantes, pour sauver l'honneur de la mission divine qu'il vient remplir. - S. Chrys. (Chaîne des Pères grecs). Celui qui mérite de trouver grâce aux yeux de Dieu, n'a rien à craindre. «Vous avez, lui dit-il, trouvé grâce devant Dieu». Comment chacun peut-il à son tour trouver grâce devant Dieu? par l'humilité; car c'est aux humbles que Dieu donne sa grâce. (Jc 4 et 1 P 5) - Grec. (ou Photius). Cette Vierge sainte a trouvé grâce devant Dieu, parce que l'éclat de sa chasteté qui était le plus bel ornement de son âme, en a fait une demeure agréable à Dieu; et que non seulement elle a gardé une virginité perpétuelle, mais a conservé son âme pure de toute tache. - Orig. (Chaîne des Pères grecs). Plusieurs avant elle, avaient trouvé grâce devant Dieu: aussi l'ange ajoute ce qui lui est exclusivement propre: «Voilà que vous concevrez dans votre sein». Cette expression voilà indique la rapidité, l'actualité de l'opération divine, la conception a lieu au moment même où il parle. - Sév. Ant. «Vous enfanterez dans votre sein», paroles qui démontrent que Notre-Seigneur a pris dans le sein virginal une chair semblable à notre chair. En effet, le Verbe divin venait purifier à la fois la nature humaine, notre naissance, l'origine de notre génération; il a donc, à l'exception du péché et du concours de l'homme, été conçu comme nous dans la chair, et porté neuf mois dans le sein de sa mère. - Grég. Nyss. (ou Géom., Chaîne des Pères grecs). Mais comme il en est qui conçoivent l'esprit divin et enfantent l'esprit du salut, selon l'expression du prophète, l'ange ajoute «Et vous enfanterez un Fils». - S. Amb. Il en est peu qui, comme Marie, enfantent le Verbe qu'ils ont conçu par la grâce de l'Esprit saint. Il en est qui rejettent au dehors le Verbe à peine conçu, et qui ne l'enfantent jamais; il en est qui portent Jésus-Christ dans leur sein, mais sans que jamais il arrive à être formé dans leur coeur.

Grég. Nyss. (disc. pour la Nativ. du Seig). L'attente de leur délivrance inspire ordinairement aux femmes de vives craintes, aussi l'ange calme ces appréhensions par les charmes de l'enfantement qu'il annonce: «Et vous l'appellerez Jésus». L'avènement d'un Sauveur suffit pour dissiper tout sentiment de crainte. - Bède. Le nom de Jésus signifie Sauveur ou salutaire. - Grec. L'ange dit à Marie: «C'est vous qui lui donnerez ce nom, et non pas son père; car il n'a point de père dans sa génération temporelle, comme il n'a point de mère dans sa génération divine. - S. Cyr. Ce nom fut un nom nouveau donné au Verbe de Dieu et parfaitement en rapport avec sa naissance selon la chair, selon cette parole du prophète: «On vous appellera d'un nom nouveau, que la bouche du Seigneur vous donnera». - Grec. (ou Géom). Mais comme ce nom lui était commun avec le successeur de Moïse, l'ange fait ressortir la différence qui les sépare en ajoutant: «Il sera grand». - S. Ambr. Il a été dit aussi de Jean-Baptiste qu'il serait grand, mais d'une grandeur humaine, tandis que Jésus sera grand d'une grandeur toute divine; car la puissance de Dieu se répand au loin, et la grandeur de la substance divine s'étend au delà de tous les espaces connus. Elle n'est limitée par aucun lieu, elle est incompréhensible à l'esprit humain, supérieure à toutes nos pensées, inaccessible aux variations des temps. - Orig. (hom. 6). Admirez donc la grandeur du Sauveur Jésus, comme elle est répandue par tout l'univers. Montez dans les cieux, elle y remplit tout de sa présence; descendez par la pensée dans les abîmes, vous verrez qu'elle vous y a précédé. A cette vue, reconnaissez l'accomplissement de cette prédiction: «Il sera grand».

Grec. (ou Photius, comme précéd). Et ne croyez pas que l'incarnation du Fils de Dieu porte la moindre atteinte à la majesté divine, au contraire, elle élève jusqu'aux cieux notre pauvre humanité: «Et il sera appelé, dit l'ange, le Fils du Très-Haut». Ce n'est pas vous qui lui donnerez ce nom: «Il sera appelé», et par qui donc, si ce n'est par son Père qui lui est consubstantiel? Celui-là seul qui a la connaissance parfaite de son fils, peut seul aussi lui donner le nom qui lui convient, ce qu'il fait quand il dit: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé». Il l'est de toute éternité, bien que ce nom ne nous ait été révélé que dans le temps pour notre instruction; aussi l'ange dit: «Il sera appelé», et non pas, il deviendra, ou il sera engendré; car avant tous les siècles il était consubstantiel à son Père. Celui donc que l'immensité des cieux ne peut contenir, c'est lui que vous concevrez, c'est lui dont vous deviendrez la mère, c'est lui que votre sein virginal va renfermer. - S. Chrys. (Chaîne des Pères grecs). Il en est qui regardent comme souverainement étrange, inconvenant même que Dieu fasse son habitation d'un corps mortel. Mais est-ce que le soleil qui est un corps sensible, et qui pénètre tout de ses rayons, voit pour cela s'obscurcir soit éclat? A plus forte raison le soleil de justice, en prenant un corps très-pur dans le sein d'une vierge, ne perd rien de sa pureté; bien loin de là, il ajoute à la pureté, à la sainteté de sa mère.

Grec. (ou Sév. d'Ant., Ch. des Pères grecs). L'ange voulant rappeler au souvenir de Marie les oracles des prophètes, ajoute: «Et Dieu lui donnera le trône de David», etc., afin qu'elle sache à n'en pouvoir douter, que celui dont elle deviendra la mère, c'est le Christ qui, selon les prophètes, devait naître de la race de David. - S. Cyr. (Chaîne des Pères grecs). Toutefois, gardons-nous de croire que le corps très-pur de Jésus-Christ soit l'oeuvre de Joseph; mais tous deux descendaient des mêmes ancêtres, Joseph et Marie, dans le sein de laquelle le Fils de Dieu s'est revêtu de notre humanité. - S. Bas.Amphiloch). Ce n'est point sur le trône temporel de David que le Seigneur s'est assis, puisque le gouvernement du peuple juif était passé aux mains d'Hérode; le trône de David, dont le Seigneur s'est mis en possession, c'est son royaume immortel. Aussi voyez ce qui suit: «Et il régnera sur la maison de Jacob éternellement», etc. - S. Chrys. (hom. 7 sur S. Matth). La maison de Jacob dont il est ici question sont ceux d'entre les Juifs qui ont cru en lui. Car comme dit saint Paul: «Tous ceux qui descendent d'Israël, ne sont pas pour cela Israélites, mais ce sont les enfants de la promesse qui sont réputés être les enfants d'Abraham». (Rm 11). Ou bien encore, la maison de Jacob, c'est toute l'Église, qui est sortie d'une bonne racine, ou qui, d'olivier sauvage qu'elle était, a été greffée sur l'olivier franc par le mérite de sa foi.
- Grec. (ou Géom). A Dieu seul il appartient de régner éternellement; aussi, bien que l'ange déclare qu'il prendra possession du trône de David par suite de son incarnation, en tant que Dieu, il est le roi éternel des siècles. «Et son royaume n'aura point de foi». Non seulement comme Dieu, mais aussi en tant qu'il est homme; dans le temps présent, il règne sur un grand nombre, à la fin des siècles, son empire s'étendra sur tous sans exception, lorsque tout es choses lui seront soumises. - Bède. Que Nestorius cesse donc de dire que l'homme seul est né de la Vierge, et qu'en Jésus-Christ l'homme n'a point été uni au Verbe de Dieu en unité de personne; car l'ange proclame Fils du Très-Haut, celui-là même qu'il déclare être le Fils de David, et démontre ainsi qu'en Jésus-Christ, il n'y a qu'une seule personne en deux natures. S'il parle au futur, ce n'est pas, comme le disent les hérétiques, que le Christ n'ait pas existé avant Marie, mais parce qu'il a reçu le nom de Fils lorsque l'homme, uni à Dieu, n'a plus formé qu'une seule personne.



Catena Aurea 9115